La plage de Shuab : traversée en barque et dauphins

À l'extrême ouest de Socotra, une plage que l'on ne rejoint que par la mer — et la traversée vaut à elle seule le voyage.

Il y a des plages que l'on atteint, et des plages que l'on gagne. Shuab est de la seconde espèce. Posée à l'extrême ouest de Socotra, elle ne se rejoint que par la mer : aucune piste n'y mène, aucun véhicule n'y accède. C'est ce qui l'a préservée, et c'est ce qui fait de la traversée l'un des plus beaux moments du voyage.

Un arc de sable qu'aucune piste n'atteint

Au bout du trajet, Shuab déroule un long arc de sable immaculé, adossé aux montagnes, baigné d'eaux que la foule n'a jamais troublées. Un paradis au sens propre : gagné par l'eau, préservé par son inaccessibilité même.

L'absence de route n'est pas un détail pittoresque, c'est la raison d'être du lieu. Ce que vous y trouverez — le silence, l'espace, l'eau claire — existe précisément parce qu'il faut un bateau pour venir.

La traversée depuis Qalansiyah

On embarque à Qalansiyah, deuxième ville de l'île, qui aligne ses barques colorées sur le sable et vit au rythme des sorties en mer et des retours chargés de poissons. Les barques de pêcheurs filent ensuite le long d'un littoral de falaises et de grottes marines, un décor minéral qui plonge droit dans l'Océan Indien.

Cette cité littorale, sobre et laborieuse, dépend d'une mer généreuse mais menacée, guettée par la surpêche industrielle qui rôde au large. Les plages désertes et les eaux poissonneuses d'aujourd'hui sont un trésor fragile, qu'il convient de fouler avec respect et légèreté.

Les dauphins du trajet

La traversée vaut à elle seule le voyage, et pour une raison précise : les dauphins. Les dauphins à long bec, les fameux spinners qui vrillent dans les airs en bondissant, escortent régulièrement les barques par bancs de dizaines, parfois de centaines.

Les voir jaillir devant l'étrave, dans la lumière du matin, en route vers Shuab, reste l'un des moments les plus joyeux d'un séjour à Socotra. Ce n'est pas une attraction organisée : c'est la mer d'Arabie qui vit sa vie, et vous qui passez au bon moment.

Ce qu'il faut savoir

La sortie dépend entièrement de l'état de la mer, donc de la saison : elle n'est possible que pendant la bonne période, d'octobre à mai. De juin à septembre, la mousson du sud-ouest interdit toute navigation. Notre guide explique comment rejoindre Socotra et quand venir.

Prévoyez de quoi vous protéger du soleil : il n'y a aucune infrastructure sur place, et c'est très bien ainsi. La même journée peut se combiner avec la lagune de Detwah, toute proche de Qalansiyah.

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